3 questions à Sam Coren

Sam Coren, le chorégraphe anglais invité à l'École cet automne répond à nos questions. Sa création, Danse macabre, sera présentée dans le cadre du spectacle des danseurs de 3e année, Cru d'automne, du 14 au 17 décembre prochain au Théâtre Rouge du Conservatoire.

 

EDCM : Quels conseils donnerais-tu à un étudiant en danse?

SC : C’est une question difficile qui nécessite de généraliser alors que chacun a des besoins différents. Je dirais toutefois qu’il est très important pour les étudiants de prendre la responsabilité de leur éducation. En tant que pédagogues, nous pouvons guider, conseiller et soutenir, mais il revient que cela reste leur propre responsabilité de ne pas rester en arrière et de s’attendre à ce qu’un jour cela arrive, ou qu’un jour ils y parviendront. Ces idées abstraites ne veulent rien dire. Les étudiants doivent se demander eux-mêmes pourquoi. Pourquoi font-ils cela? Que souhaitent-ils accomplir? Où veulent-ils aller? Ces questions n’ont pas nécessairement besoin de réponses littérales mais de les avoir en tête est extrêmement utile à travers une carrière. Je continue de me poser ces questions régulièrement et les réponses évoluent constamment. Je dirais aussi brièvement que c’est correct de ne pas savoir, c’est aussi une bonne position qui ouvre le champ des possibles.

 

EDCM : Y a-t-il des personnes qui t’ont particulièrement influencées durant ton parcours? Pourquoi?

SC : En qualité de pédagogue, je suis particulièrement influencée par ma première professeure de danse Cecilia Macfarlane à Oxford, où j’ai grandi. Son ethos de la danse étant pour chacun, antiélitiste, créant un environnement soutenant la créativité plutôt qu'en la mettant à l'écart en faveur d’une technique et d’une obéissance rigoureuses. Je garderai toujours cela dans mon esprit. Il est difficile de dire quels artistes spécifiquement m’ont influencés, je tombe amoureux avec des œuvres / performances / concepts, jamais avec l’ensemble d’un travail. Je pense que la plupart des artistes comprendront cela, nous avons tous les habiletés d’être un génie à un moment puis de lutter la minute d’après. Je tire naturellement mes influences des chorégraphes avec qui j’ai collaborés, Hofesh Shechter, Ultima Vez, Jasmin Vardimon, et bien d’autres (pas forcément des chorégraphes). J’ai en tête Alain Platel/Les Ballets C de la B, Forced Entertainment, Peeping Tom, Andreï Tarkovsky, Matthew Barney, Marcel Dzama. J’aime d’autres techniques comme éditer des films, j’adore la photographie, évidemment j’écoute beaucoup de musique, et l’humour de la télévision de mon enfance me parle toujours, Monty Python, Red Dwarf, Fawlty Towers. Encore là, je pense que tout est subconscient. Cette force sur laquelle nous n’avons aucun contrôle, constamment en train d’accepter ou de rejeter des choses qui ont un impact sur la manière dont nous prenons nos décisions. Je sais également que je tire mes influences de choses qui me déplaisent, parce que je dois ensuite comprendre rationnellement pourquoi je ne les aime pas!

 

EDCM : En un mot, c’est quoi la danse pour toi?

SC : Déroutante (requiert encore d’être découverte)

 

 

La résidence de création est rendue possible grâce au Conseil des Arts et des Lettres du Québec et des Pépinières européennes pour jeunes artistes .

 

Photo : Tom Medwell

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