La part de création dans la formation professionnelle

 

À l’École de danse contemporaine de Montréal, le créneau est de former des interprètes-créateurs. C’est d’ailleurs l’un des aspects qui m’a attiré dans le programme. Il est donc évident que la création occupe une place considérable dans chacun des cours dispensés. De mon côté, une fois diplômée, je souhaite avoir atteint un haut niveau de technique, mais aussi avoir développé mon esprit créatif car le métier d’interprète ne se limite pas à un rôle d’exécution. Selon moi, il est important de proposer soi-même des idées et de rebondir sur celles des chorégraphes et des autres interprètes, mettant ainsi en avant un éventail de possibilités qui pourront ensuite être utilisées ou affinées, selon une vision plus précise de l’œuvre. 
 
Voici un petit tour des cours et activités qui me permettent de m’exprimer artistiquement durant ma formation :
 
Tout d’abord, il est certain que les cours de Composition aident à épanouir mon esprit créateur puisque nous sommes amenés à générer nous-mêmes le matériel chorégraphique. Il a été intéressant de tenter de s’adonner à la création dans une grande diversité de situations. Par exemple, nous avons eu l’opportunité de créer un solo sur notre propre personne, mais aussi sur un autre étudiant et de faire de la création en petits groupes. Nous nous sommes questionnés sur ce qui fait qu’une pièce soit intéressante (ou non) et avons développé différents outils de création. C’est dans ce cours que j’ai découvert que tout était possible en danse… du plus farfelu au plus sensible. Tout a sa place ici!
 
Ensuite, à l’occasion des trois cours de Recherche créative, chaque interprète tente d’entrer en contact avec ses sensations dans le but de produire du mouvement. Nous pouvons être amenés à réfléchir à ce mouvement dans l’optique où un public est présent, mais aussi sans objectif de présentation devant une audience. Au cours de la dernière classe avec Andrew Harwood, nous mettons l’emphase sur l’improvisation, ce qui exige d’être particulièrement à l’affût et d’être prêt à réagir à chaque instant aux initiatives de chacun. Il s’agit de savoir doser son désir de générer des propositions et celui de suivre les autres dans leurs idées. C’est une belle occasion de travailler sur sa rapidité à créer du matériel tout en permettant l’échec. Nous sommes dans un cadre très ouvert où il est totalement possible et même encouragé de se tromper et d’apprendre de ses erreurs. 
 
Également, dans certains cas, on nous demande de faire preuve de créativité dans un cours de technique de danse contemporaine. À titre d’exemple, les enseignant.es Jamie Wright et Marc Boivin permettent de modifier les enchaînements pour travailler sa rapidité d’esprit. Dans le cours de Marc Boivin, certains paramètres des exercices enseignés du lundi au mercredi pouvaient faire l’objet de modifications le jeudi et le vendredi, dans un but de se dépasser, de se surprendre et d’être à l’écoute de son corps. Cela consistait à réagir le plus vite possible aux contraintes (espace, rythme, mouvements, etc) qui changeaient sans cesse. Je pense que c’est définitivement un bon moyen de se pratiquer en tant qu’interprète-créateur puisqu’on intègre dans son entraînement technique une part de spontanéité. 
 
Finalement, pour moi, le but de ces apprentissages revient à être capable de les appliquer dans un contexte de processus chorégraphique. C’est d’ailleurs le cas du cours d’Interprétation qui est dispensé à chaque session, et c’est aussi le cours qui à mon sens s’apparente le plus au monde professionnel. Le processus de création est différent auprès de chaque chorégraphe avec qui nous collaborons et c’est pourquoi il est important de pouvoir s’adapter facilement à la variété des processus de création et d’être autonome. Certain.es chorégraphes se basent davantage sur les propositions de leurs interprètes alors que d’autres ont une vision plus précise du mouvement dès le début de la création. Ce sont des expériences très diversifiées et enrichissantes.
 
Outre les cours de la formation professionnelle, les deux activités que j’apprécie pour leur potentiel créatif sont :
 
- Les soirées JAM qui ont lieu plusieurs fois par session à l’EDCM et qui sont des événements organisés à l’initiative de Raphaëlle Renucci et Silvia Sanchez, désormais diplômées de l’EDCM. Dans ces soirées, les étudiants sont libres d’utiliser leur créativité comme ils le souhaitent et le studio est ouvert à n’importe quelle proposition dansée. Ces événements où joue de la musique live permettent des rencontres entre artistes de différentes disciplines : c’est définitivement un bel espace pour échanger avec d’autres personnes passionnées par l’art.
 
- Le projet Incubateur est une autre manière d’exprimer sa créativité. Les étudiants de l’école sont invités à présenter des pièces conçues par eux-mêmes et d’avoir des retours du public. Ces présentations en studio se déroulent deux fois par année.
 
En bref, il y a toutes sortes de manières d’exprimer sa créativité et les opportunités ne manquent pas!
 
- Catherine Bellefleur, étudiante en 3e année à l'EDCM
 
 
/// Dans la rubrique Vie étudiante, les étudiant.es en danse contemporaine à l'EDCM prennent la plume : l'occasion de découvrir différents points de vue et sujets en lien avec la formation professionnelle, le quotidien des jeunes artistes et la vie à Montréal. ///
 
 
 
 
Photo : Julie Artacho | Interprète : Catherine Bellefleur
 

Infolettre

Pour recevoir toute l’information sur nos formations, nos cours, nos activités, abonnez-vous à l’infolettre