À la conquête de l’audition

Mon expérience d’audition a été bien différente de ce que j’imaginais ! 
 
Les semaines et les jours précédents la date fatidique, j’ai vécu un grand stress. Le matin même ; je sentais la boule dans mon estomac, l’état d’éveil de tout mon corps et ma respiration haletante. C’est seulement, en voyant les autres danseurs attendre en file, tous impatients et fébriles, que je me suis apaisée. Nous étions là, observant et analysant les lieux, les autres et nous-même. Nous étions tous dans le même bateau, à la conquête d’un trésor précieux. Il y avait dans l’air un doux parfum. Était-ce celui du talent et de la volonté environnante, ou l’investissement et la générosité qui se dégageait des évaluateurs, ou bien simplement le vécu de cet espace dédié à la danse (le Belgo à l’époque)? Je dirais que c’était un peu de tout ça.
 
J’ai vécu d’étonnants émerveillements à travers le processus d’audition. J’ai été surprise, même émue, de la bienveillance qui se dégageait de chacun d’entre nous envers nos «compétiteurs». Pour que vous viviez un peu de mon expérience, je vais vous raconter mes deux moments marquants et très personnels de l’audition finale.
 
Tout d’abord, c’est l’épreuve de création en équipes qui reste gravée dans mon esprit, comme un baume au cœur. Tous les danseurs étaient divisés en petits groupes avec la même consigne comme ligne directrice. Lors du temps de création, chacun pouvait partager une idée et être écouté attentivement par les autres. Personnellement, je suis de nature timide mais je me sentais assez confiante pour exprimer mes pensées. Lorsque le temps fut écoulé, autant les danseurs que les évaluateurs se sont rejoints dans le studio. Tour à tour, les équipes ont présenté le fruit de leur labeur. J’ai compris à cet instant que je n’avais pas affaire à de simples étudiants en danse mais à des artistes. La même inspiration avait mené les groupes dans divers continents. Les œuvres que nous avions pondues, en un cours laps de temps, étaient pour moi des bijoux à regarder.
 
Par la suite, ce qui m’a marqué et touché profondément, s’est déroulé lors de l’étape des solos. Quelques danseurs et moi, avant de présenter notre solo, sommes allés pratiquer dans un studio. Nous observions chaque personne, donnant des commentaires positifs et constructifs pour aider et enrichir le danseur/la danseuse. Il n’y avait aucune malice, juste de l’entraide. Aussi, pendant toute la période de présentation des solos devant jury, les danseurs qui n’avaient pas encore performés attendaient en épaulant les prochains et les plus stressés. Chacun applaudissait et félicitait par la suite ceux qui venaient de terminer. 
 
Finalement, à l’École de danse contemporaine de Montréal, c’est dans une famille que je suis entrée, et mon appartenance à cette patrie, je l’ai ressenti dès l’audition. 
 
- Audrey Thériault, étudiante en 3e année à l'EDCM
 
 
/// Dans la rubrique Vie étudiante, les étudiant.es en danse contemporaine à l'EDCM prennent la plume : l'occasion de découvrir différents points de vue et sujets en lien avec la formation professionnelle, le quotidien des jeunes artistes et la vie à Montréal.   ///
 
 
 
Photo : Ariane Famelart | Interprètes : Constance Gadan, Audrey Thériault
 

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