3 questions à Iker Arrue

Alors qu'il débute une résidence de création à l'EDCM, le chorégraphe basque Iker Arrue (compagnie AI DŌ PROJECT) répond à trois questions. Sa pièce sera présentée au spectacle mettant en scène les finissants, Cru d'automne, du 12 au 15 décembre 2018 à Tangente Danse. 
 
- EDCM : Pourquoi bougez-vous?
 
- Iker Arrue : À l'âge de 23 ans, alors que je me trouvais dans un studio de danse, j'ai découvert que c’était un lieu familier auquel j'appartenais. Je me suis alors totalement consacré à cet art. Petit à petit, j'ai découvert les capacités et les limites physiques qui m'étaient présentées, mais j'ai surtout compris les possibilités de communication du mouvement et de la danse (incluant la voix, la parole, la musique et les autres disciplines scéniques qui composent aujourd'hui la danse).
Au-delà de l’intérêt physique, je suis animé par la nécessité de découvrir les canaux de communication en lien avec le public présent au théâtre, et par la nécessité de trouver un langage pouvant exposer de manière directe différentes réflexions... Mais il est probable que mon intérêt soit aussi relié au fait que le mouvement ait été un moteur tout au long de ma vie.
Personnellement, je ne me sens pas associé aux propositions purement physiques, esthétiques ou abstraites. J'accepte la beauté comme une valeur à contempler et à admirer (en fait, le style que je développe répond à des critères esthétiques très précis), mais je suis convaincu que, de nos jours, en ce qui concerne les arts de la scène, nous pouvons apporter plus qu'une valeur esthétique ou une admiration pour les capacités et le talent physique des interprètes.
 
- EDCM : Quelles sont tes sources d’inspirations pour créer?
 
- Iker Arrue : Les thèmes que je choisis habituellement pour chorégraphier sont souvent liés à des conflits sociaux qui, pour une raison quelconque, ont suscité mon intérêt et ce, toujours en vue d’inviter le public à une réflexion : La Belle Époque, le harcèlement sexuel des mineurs sur Internet, l'exclusion sociale, le trouble obsessionnel-compulsif...
J'utilise habituellement des références visuelles, telles que la peinture ou la photographie, mais j'utilise également de nombreuses références à des situations de la vie courante. Je crois qu'en créant du mouvement, je suis guidé à la fois par ces références ainsi que par le sens de l'équilibre spatial. J'imagine que mes études d'architecture m'incitent à penser de la sorte et c'est peut-être la raison pour laquelle mon travail associe le physique et le gestuel.
Je m'intéresse à la recherche d'un équilibre entre effort musculaire minimal et multiplicité des qualités de mouvement. Ce sont des outils qui permettent de définir un langage organique et bénéfique pour le corps. Changements de poids, spirale, travail en dehors de l’axe, de même que la manière d’éviter un impact dans des situations de déséquilibre sont quelques concepts qui définissent assez bien le style que je développe.
 
- EDCM : En un mot, c’est quoi la danse pour vous?
 
- Iker Arrue : Communication.
 
 
 
Photo : Emmanuel Adamez

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