La transformation de l’interprète grâce au Coaching

Une expérience énergisante 
 
David Rancourt fut mon coach dans l’apprentissage d’un solo de la pièce Gratter la pénombre du chorégraphe Alan Lake. J’ai été choyée de travailler avec cet artiste inspirant qui m’a dirigé dans l’interprétation de ce magnifique solo de 6 minutes. Le solo que nous avons appris était plutôt concentré sur le travail au sol. Nous avons d’ailleurs fait face à plusieurs difficultés, mais l’expertise de David Rancourt nous a permis d’obtenir les précisions nécessaires pour que nous puissions ensuite pratiquer seuls et travailler avec ses corrections et suggestions. Nous étions un petit groupe de quatre danseurs, ce qui nous a permis de poser nos questions et d’obtenir rapidement des conseils personnalisés pour s’engager dans le travail. Ce fut une superbe expérience enrichissante du début à la fin. 
 
L’activité de coaching se veut comme un laboratoire où l’espace est fait pour essayer, échouer et réessayer sans jugement. Chaque membre de notre groupe observait et écoutait attentivement. Chacun était fier de voir le travail des autres, tout en étant stressé ensemble. La générosité de David nous a permis, collectivement, de créer une atmosphère de recherche rigoureuse et agréable. Le fait d’avoir un danseur-interprète professionnel devant soi qui, à la fois démontre physiquement, explique les sensations recherchées et qui donne tous les détails possibles, était un privilège et nous en étions tous très reconnaissants. 
 
Durant le processus, j’ai réalisé qu’apprendre une chorégraphie d’un interprète n’est pas la même chose que d’être l’interprète d’un chorégraphe. L’information ne se rend pas de la même façon lorsque c’est l’interprète lui-même qui transmet l’information. C’est plus personnel. On reçoit une gestuelle déjà travaillée par un interprète pour ensuite se l’approprier. Le fait d’observer mes collègues dans l’apprentissage de cette chorégraphie m’a permis de comprendre à quel point la gestuelle d’un chorégraphe change d’un corps à l’autre. Chacun a sa propre façon de l’interpréter et de le danser. Il est presque magique de voir comment la danse se transpose différemment sur les corps. Je me suis alors retrouvée en studio seule à pratiquer ce solo de nombreuses fois avec sueur, stress, sourire, fatigue, persévérance, répétition, démarcation, endurance et concentration pour mon plus grand plaisir. Cela faisait longtemps que je n’avais pas vécu ce genre de travail et de pression personnels. Une pratique motivante et encourageante. 
 
En effet, j’ai appris comment je pouvais améliorer mon travail physique au sol avec quelques images suggérées par David tel le « tiroir d’Ikea » qui m’a permis de perfectionner ma capacité d’amortir le mouvement, soit la suspension nécessaire pour prévenir l’impact du poids du corps qui arrive avec force au sol. Honnêtement, grâce à cette image, plus le processus avançait, plus je me suis sentie comme de l’eau qui glissait sur le sol. Une eau qui alimentait le sol, la terre. Je me suis enracinée, comme un tronc d’arbre aux racines assoiffées (voilà pour vous une analogie très « danse contemporaine »). Au niveau de l’interprétation, j’ai d’ailleurs beaucoup apprécié son concept du « presque rien », puisqu’il m’a aidé à saisir davantage la nuance, entre démontrer toutes ses émotions au public ou rester totalement neutre. Cela m’a permis de mieux comprendre que le travail interprétatif réside dans la capacité de l’interprète à partager sa sensibilité à travers le corps et le visage. De laisser parler le corps d’abord pour donner vie à sa sensibilité émotionnelle. Un corps vif, vigoureux et expressif garde le mouvement vivant. Cela dit, ces deux outils m’ont énormément aidé à plonger plus profondément dans le travail.
 
Enfin, le tout s’est déroulé trop vite à mon goût. Le travail était tellement intéressant au point de vue physique que le temps a filé très rapidement. En sortant de cette expérience, je me suis sentie plus forte, plus confiante et régénérer d’énergie pour continuer ma deuxième moitié de formation. Honnêtement, je ne me sens pas transformée, mais plutôt motivée à persévérer. J’ai terminé cet exercice de coaching enrichi de nouvelles qualités de mouvement qui vont certainement m’habiter tout le reste de ma vie. 
 
- Sabrina Dupuis, étudiante en 2e année à l'EDCM
 
 
/// Dans la rubrique Vie étudiante, les étudiant.es en danse contemporaine à l'EDCM prennent la plume : l'occasion de découvrir différents points de vue et sujets en lien avec la formation professionnelle, le quotidien des jeunes artistes et la vie à Montréal.   ///
 
 
Photo : Ariane Famelart
 

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